Comment le nouveau règlement 2017/745 impacte les traductions médicales ?

Un fabricant de dispositifs implantables pensait son dossier prêt pour le marché français. Traduction commandée au prix le plus bas, livrée vite, validée en interne sans relecture spécialisée. Trois semaines plus tard, l’organisme notifié bloque la soumission. Motif : une notice d’utilisation dont la terminologie ne correspondait pas aux exigences du règlement. Et un résumé des caractéristiques de sécurité incompréhensible pour un patient francophone.

Ce genre de situation n’a rien d’exceptionnel. Le règlement (UE) 2017/745 a transformé la traduction des dispositifs médicaux en enjeu de conformité, pas en simple prestation linguistique. Une erreur de traduction dans une notice ou une étiquette ne se règle plus par une correction discrète. Elle peut retarder un marquage CE, déclencher un rejet documentaire, engager la responsabilité du fabricant.

Cet article détaille ce que le MDR impose réellement en matière de langues. Quels documents doivent être traduits, dans quelles conditions, et comment sécuriser cette chaîne sans transformer chaque mise à jour en risque réglementaire.

Un projet de traduction médicale soumis au MDR à cadrer ? Voyez comment nous accompagnons des projets techniques exigeants avant d’engager votre documentation.

Ce que le règlement 2017/745 change vraiment pour la traduction

Calendrier réglementaire

De l’entrée en application aux échéances de transition

2021 Application du MDR Fin 2027 Classe III et implantables IIb Fin 2028 Autres classes IIb, IIa, Is, Im
Fenêtre courteChaque soumission d’ici ces dates mobilise une documentation traduite complète, ce qui concentre la demande et tend les délais.

Le règlement (UE) 2017/745, appelé MDR pour Medical Device Regulation, s’applique depuis le 26 mai 2021. Il remplace les anciennes directives et relève nettement le niveau d’exigence sur toute la documentation qui accompagne un dispositif médical. La traduction en fait partie intégrante, au même titre que l’évaluation clinique ou la gestion des risques.

La différence de fond tient à la nature du texte. Un règlement européen s’applique directement dans chaque État membre, sans transposition nationale. Les obligations linguistiques qu’il contient valent donc immédiatement pour tout fabricant qui commercialise en Europe, quelle que soit son origine.

Concrètement, le MDR ne se contente pas d’exiger une traduction. Il exige une traduction exacte, vérifiée, cohérente entre les versions, et intégrée à un système de gestion de la qualité. Le fabricant reste responsable de la qualité de ses traductions, y compris lorsqu’il les confie à un prestataire externe.

Le calendrier réglementaire renforce cette pression. La période de transition a été prolongée par le règlement modificatif (UE) 2023/607.

Selon le règlement modificatif adopté en 2023, les dispositifs de classe III et la plupart des dispositifs implantables de classe IIb peuvent être mis sur le marché jusqu’au 31 décembre 2027, tandis que la date limite pour les autres dispositifs de classe IIb, IIa, Is et Im est fixée au 31 décembre 2028. Chaque soumission d’ici ces échéances mobilise une documentation traduite complète, ce qui concentre la demande sur une fenêtre courte.
Sénat, dossier sur la révision des règlements dispositifs médicaux

Ce point est souvent sous-estimé. Plus la date butoir approche, plus les délais de traduction se tendent, car les organismes notifiés eux-mêmes sont saturés. Anticiper la traduction n’est pas un confort, c’est une variable du calendrier de certification.

Quels documents devez-vous faire traduire, et dans quelles langues ?

Deux régimes selon le type de document

Traduction obligatoire

Notice d’utilisation (IFU)Langue de l’utilisateur ou du patient
ÉtiquetageLangue de l’État de mise à disposition
Résumé SSCPClasse III et implantables, publié dans EUDAMED

À géométrie variable

Déclaration de conformitéSouvent l’anglais, parfois langue nationale
Carte d’implantLangue compréhensible par le patient
Dossier techniqueSur demande d’une autorité compétente

24 langues officielles, 30 États. Un projet paneuropéen implique fréquemment 10 à 25 langues cibles. Vérifiez les exigences pays par pays avant de lancer.

Le MDR ne traite pas tous les documents de la même façon. Certains doivent obligatoirement être disponibles dans la langue de l’État membre où le dispositif est commercialisé. D’autres relèvent d’une appréciation par pays. Distinguer les deux évite à la fois le sous-traitement et la sur-traduction coûteuse.

Les documents à traduction obligatoire

Trois catégories reviennent systématiquement. La notice d’utilisation, souvent appelée IFU, doit être fournie dans la ou les langues officielles de l’État concerné. Celui où le dispositif est mis à disposition de l’utilisateur ou du patient. L’étiquetage suit la même règle. Le résumé des caractéristiques de sécurité et de performance clinique, le SSCP, est obligatoire pour les dispositifs de classe III et les implantables. Il doit être publié dans la base EUDAMED.

Pour la France, l’exigence est nette.

D’après le règlement (UE) 2017/745, les fabricants veillent à ce que le dispositif soit accompagné des informations de l’annexe I, section 23, dans une ou plusieurs langues officielles déterminées par l’État membre où le dispositif est mis à disposition. En pratique, pour le marché français, cela impose le français pour tout ce qui est destiné au patient ou à l’utilisateur.
EUR-Lex, texte consolidé du règlement 2017/745

Les documents à géométrie variable

La déclaration de conformité UE est traduite dans la ou les langues officielles requises par les États membres concernés. En pratique, elle est souvent acceptée en anglais, mais certaines autorités nationales exigent une version dans leur langue. La carte d’implant remise au patient doit être présentée dans une langue aisément compréhensible par le patient visé.

D’autres pièces du dossier technique peuvent être demandées en langue nationale par une autorité compétente. Par exemple un rapport d’évaluation clinique ou des documents de gestion des risques selon la norme ISO 14971. Cette demande dépend du pays et du niveau de contrôle. C’est pourquoi il faut vérifier les exigences propres à chaque marché avant de lancer une traduction paneuropéenne.

Un rappel utile sur l’échelle. L’Union européenne compte vingt-quatre langues officielles pour trente États du marché unique. Un projet de distribution large implique fréquemment entre dix et vingt-cinq langues cibles. La traduction n’est donc pas une étape ponctuelle, c’est un flux à piloter sur la durée de vie du dispositif.

Une confusion fréquente mérite d’être écartée dès le cadrage. Le MDR ne couvre pas les dispositifs de diagnostic in vitro. Ceux-ci relèvent d’un règlement distinct, l’IVDR (UE) 2017/746, avec son propre calendrier et ses propres exigences. Un fabricant qui gère les deux gammes doit traiter deux référentiels en parallèle. Confondre les deux mène à des erreurs de périmètre documentaire, donc à des traductions manquantes au moment de la soumission.

Le cas du SSCP illustre bien l’articulation entre traduction et système d’information réglementaire. Ce résumé n’est pas seulement traduit, il est publié dans EUDAMED, la base de données européenne des dispositifs médicaux. Sa traduction doit donc être finalisée dans les langues des marchés visés avant la publication. Un SSCP traduit en retard, c’est une brique manquante dans un système désormais consultable publiquement.

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Qui porte la responsabilité de la traduction dans la chaîne d’approvisionnement ?

Responsabilité partagée

La qualité linguistique engage toute la chaîne

Fabricant 1er responsable Importateur vérifie la langue Distributeur avant mise à dispo. Autorité compétente Chaque maillon peut être sollicité pour démontrer la conformité

Un maillon faible bloque toute la chaîne. Confier la traduction à un prestataire externe ne transfère pas la responsabilité du fabricant. Importateur et distributeur engagent aussi la leur en mettant à disposition un dispositif mal traduit.

Une idée fausse circule encore : la traduction serait un problème de sous-traitant, détaché de la responsabilité réglementaire du fabricant. Le MDR dit l’inverse. La responsabilité de la qualité linguistique remonte le long de toute la chaîne des opérateurs économiques, et chacun a un rôle défini.

Le fabricant reste le premier responsable. C’est lui qui doit disposer d’un système de gestion de la qualité comprenant des procédures garantissant que les informations sont exactes et à jour. Confier la traduction à un prestataire externe ne transfère pas cette responsabilité. Le fabricant répond de la qualité finale, y compris des traductions qu’il n’a pas produites lui-même.

L’importateur et le distributeur ne sont pas de simples relais logistiques. Le règlement leur impose de vérifier que le dispositif est bien accompagné des informations requises dans la bonne langue. Cette vérification intervient avant la mise à disposition sur leur marché. Un distributeur qui commercialise en France un dispositif dont la notice n’est pas en français engage sa propre responsabilité. Même s’il n’a pas fabriqué le produit.

Cette architecture de responsabilité partagée a une conséquence pratique directe. Chaque acteur a intérêt à ce que la traduction soit traçable et vérifiable, car chacun peut être interrogé par une autorité compétente. À la demande d’une autorité, le fabricant doit d’ailleurs pouvoir communiquer les informations démontrant la conformité du dispositif. Et ce dans une langue officielle définie par l’État membre concerné.

Un cas illustre bien cette mécanique. Un distributeur reçoit d’un fabricant étranger des notices traduites en français par un prestataire non spécialisé. À la première inspection, l’autorité relève des écarts terminologiques. Le distributeur se retourne vers le fabricant, qui se retourne vers son prestataire. La reprise s’étale alors sur des semaines, pendant lesquelles le produit ne peut plus être commercialisé sereinement. La faiblesse d’un maillon a bloqué toute la chaîne.

Pourquoi une traduction automatique brute ne passe pas en contexte MDR

Traduction automatique brute contre post-édition normée

TA brute, non révisée

Fluide mais faussable

Peut produire un texte lisible et faux. Les erreurs terminologiques, confondre contre-indication et précaution, atténuer un avertissement, sont les plus dangereuses en contexte réglementaire.

Post-édition ISO 18587

Encadrée et traçable

Intervention d’experts humains sur la sortie machine, avec documentation du processus. Utilisable dans certains contextes réglementaires si la traçabilité des interventions est conservée.

L’organisme notifié juge la chaîne, pas seulement le livrable. Il demande la preuve du processus de traduction, pas uniquement le document final.

La question revient à chaque projet : peut-on utiliser la traduction automatique pour aller plus vite et réduire le coût ? La réponse honnête est nuancée, mais claire sur un point. Une traduction automatique livrée brute, sans intervention humaine spécialisée, n’est pas adaptée à la documentation réglementaire d’un dispositif médical.

La raison n’est pas idéologique. Elle tient à la nature des erreurs. Dans une notice de dispositif médical, les fautes les plus dangereuses ne sont pas les fautes de style. Ce sont les erreurs terminologiques : confondre une contre-indication et une précaution, atténuer un avertissement de sécurité, mal rendre une unité ou une valeur. Une machine peut produire un texte fluide et faux, ce qui est précisément le pire cas en contexte réglementaire.

Il existe toutefois un cadre normé pour utiliser l’automatisation sans sacrifier la conformité. La norme ISO 18587 définit le processus de post-édition de la traduction automatique par des experts humains. Correctement appliqué et documenté, ce processus peut servir dans certains contextes réglementaires, à condition de conserver la traçabilité des interventions humaines.

Un responsable qualité nous confiait que son organisme notifié ne demandait pas seulement le document final. Il exigeait la preuve du processus de traduction. C’est un déplacement important. La conformité ne se juge plus sur le seul livrable, mais sur la chaîne qui l’a produit.

Sur une large part des demandes que nous recevons dans ce domaine, le vrai enjeu n’est pas le prix au mot. Ce n’est pas non plus la vitesse de la machine. C’est la capacité à documenter qui a traduit, qui a révisé, et selon quel référentiel. Sans cette traçabilité, même une bonne traduction devient fragile en audit.

Le rôle des normes ISO dans un dossier de traduction médicale

Référentiels applicables

Trois normes, trois rôles à ne pas confondre

ISO 17100
Processus de traduction
Qualification des traducteurs et révision par un second linguiste. Démontre un processus de qualité, ne remplace pas le règlement.
ISO 13485
Système qualité DM
Management de la qualité des dispositifs médicaux, côté fabricant. La traduction doit s’y insérer proprement, avec des enregistrements exploitables.
ISO 18587
Post-édition
Encadre la post-édition de traduction automatique par des humains, avec documentation du processus.

Aucune norme ne remplace le MDR. Elle réduit le risque de rejet documentaire en audit en prouvant la rigueur du processus, elle ne s’y substitue pas.

Le MDR ne cite pas explicitement de norme de traduction. Mais les organismes notifiés évaluent bien la qualité et le processus de traduction de la documentation technique. Les normes ISO servent alors de langage commun pour démontrer que ce processus tient debout.

Trois références structurent le champ. La norme ISO 17100 encadre le processus de traduction professionnelle : qualification des traducteurs, révision par un second linguiste, gestion terminologique. La norme ISO 13485 concerne spécifiquement le système de management de la qualité des dispositifs médicaux. La norme ISO 18587 cadre la post-édition de traduction automatique.

La certification ISO 17100 ne rend pas une traduction automatiquement conforme au MDR. Aucune norme ne remplace le règlement. En revanche, elle démontre que le processus respecte des exigences minimales de qualification et de révision. Cela réduit le risque de rejet documentaire lors d’un audit. C’est un signal de fiabilité, pas une garantie magique.

Traducteo est certifiée ISO 17100. Concrètement, cela signifie que chaque projet passe par un traducteur spécialisé puis par un réviseur distinct, avec un contrôle terminologique documenté. Pour un dossier soumis au MDR, cette séparation des rôles et cette traçabilité sont exactement ce que l’organisme notifié cherche à vérifier.

Une confusion mérite d’être levée, car elle revient souvent chez les acheteurs. Traduction certifiée et traduction assermentée ne désignent pas la même chose, et ni l’une ni l’autre n’est ce que réclame par défaut le MDR. La traduction assermentée est réalisée par un traducteur juré, pour des documents à valeur juridique devant une administration. La traduction certifiée renvoie ici à un processus qualité normé, comme l’ISO 17100. Pour la documentation d’un dispositif médical, c’est cette seconde logique, le processus qualité documenté, qui prime dans la très grande majorité des cas.

Autre point pratique : la norme ISO 13485 concerne le système qualité du fabricant, pas directement le prestataire de traduction. Un fabricant peut donc exiger de son partenaire linguistique une articulation entre sa propre démarche ISO 13485 et le processus de traduction. En clair, la traduction doit s’insérer proprement dans le système qualité du fabricant, avec des enregistrements exploitables en audit. Ce n’est pas au prestataire d’être certifié dispositif médical, mais son processus doit être compatible avec les exigences de traçabilité de son client.

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Trois erreurs qui coûtent cher sur les traductions soumises au MDR

Trois pièges récurrents, quelle que soit la taille du fabricant

L’erreur à gauche, sa conséquence réelle à droite

1
Traiter la traduction comme la dernière étape
ConséquenceDélai résiduel trop court, révision comprimée, risque d’erreur au pire moment.
2
Mettre à jour une seule langue lors d’une révision
ConséquenceDossier incohérent d’une langue à l’autre, révélé en revue qualité ou extension pays.
3
Choisir un prestataire sur le seul prix
ConséquenceNi mémoire ni glossaire, chaque mise à jour repart de zéro, reprise complète à la clé.

Certaines erreurs reviennent avec régularité, indépendamment de la taille du fabricant. Les connaître à l’avance permet de les désamorcer avant qu’elles ne bloquent une soumission.

Traiter la traduction comme la dernière étape

La traduction est souvent commandée en fin de projet, une fois toute la documentation figée, avec un délai résiduel très court. C’est une erreur de séquençage. Une traduction réglementaire de qualité contrôlée demande du temps de révision et de validation terminologique. La comprimer, c’est augmenter mécaniquement le risque d’erreur au moment le plus sensible.

Mettre à jour une seule langue lors d’une révision

Quand le fabricant actualise sa notice d’origine, il arrive que seules certaines langues soient mises à jour. Le dossier devient alors incohérent d’une langue à l’autre. Cette dérive n’est pas toujours visible immédiatement. Elle ressort lors d’une revue qualité ou d’une extension vers un nouveau pays, au pire moment.

Choisir un prestataire sur le seul critère du prix

Il arrive qu’une entreprise découvre trop tard qu’une traduction bon marché a coûté une reprise complète. Sans mémoire de traduction, sans glossaire, sans réviseur maîtrisant le MDR, chaque mise à jour repart de zéro et multiplie les incohérences. Le coût réel n’est pas le prix initial, c’est le cumul des reprises et des retards de certification.

Comment cadrer un projet de traduction conforme, concrètement

3 réflexes opérationnelsce qui sépare un dossier fluide d’un dossier qui accumule les allers-retours

Étape 1

Recenser avant de traduire

Lister chaque pièce avec son statut : finale, en révision, en attente. Traduire un document non figé garantit des reprises.

Étape 2

Centraliser la terminologie

Glossaire par famille de produit et mémoire de traduction réutilisable. Le même avertissement se traduit toujours pareil.

Étape 3

Organiser en flux parallèles

Une langue source unique, souvent l’anglais, puis des cibles traitées en parallèle depuis une terminologie centralisée.

Au-delà des principes, quelques réflexes opérationnels font la différence entre un dossier fluide et un dossier qui accumule les allers-retours. Voici trois critères applicables immédiatement.

D’abord, recenser les documents avant de traduire. Avant tout démarrage, dressez la liste complète des pièces à traduire, avec leur statut. Version finale, en cours de révision, ou en attente de validation interne. Traduire un document non figé garantit des reprises. Ce recensement évite de payer deux fois la même page.

Ensuite, centraliser la terminologie. Un glossaire contrôlé par famille de produit et une mémoire de traduction réutilisable entre les mises à jour sont les vrais leviers de cohérence. Ils garantissent que le même avertissement se traduit de la même façon sur des dizaines de livrables et de versions. C’est ce qui tient un système documentaire dans le temps.

Enfin, organiser les langues en flux parallèles. Pour un enregistrement multi-pays, l’approche efficace repose sur une langue source unique, généralement l’anglais. Les langues cibles sont ensuite traitées en parallèle, à partir d’une terminologie centralisée. Cette organisation réduit les écarts entre versions et facilite les mises à jour futures.

Un cas revient régulièrement. Un fabricant lance ses traductions pays par pays, à des moments différents, avec des prestataires différents. Résultat : autant de terminologies que de pays, et une reprise générale au premier audit transversal. La centralisation terminologique n’est pas un luxe, c’est ce qui rend le dossier auditable.

Anticiper le budget et le délai d’une traduction réglementaire

Piloter le coût réel

Ce qui structure vraiment budget et délai

Pas le prix au mot

La bonne unité de décision reste le volume, le nombre de langues et le niveau de révision.

Une ligne du planning

Prévue avec sa marge dans le rétroplanning de certification, pas en ajustement final.

Volume documentaire

Nombre de pièces et de pages à traiter.

Nombre de langues

De quelques marchés à une distribution paneuropéenne.

Niveau de révision

Exigence de contrôle et de validation terminologique.

Fréquence des mises à jour

Capitalisation via mémoire et glossaire réutilisables.

La question du coût arrive toujours, mais elle est souvent mal posée. Sur un dossier soumis au MDR, le prix au mot n’est pas la bonne unité de décision. Ce qui structure réellement le budget, c’est le volume documentaire et le nombre de langues cibles. S’y ajoutent le niveau de révision exigé et la fréquence des mises à jour.

Un fabricant qui raisonne uniquement en prix unitaire passe à côté de l’essentiel. Une traduction légèrement moins chère mais sans mémoire de traduction ni glossaire coûtera davantage à la première mise à jour. Chaque révision repartira alors sans capitaliser sur l’existant. À l’inverse, un investissement initial dans une terminologie centralisée se rentabilise sur toute la durée de vie du dispositif.

Le délai obéit à la même logique de fond. Une traduction de qualité contrôlée intègre un temps de révision par un second linguiste et une validation terminologique. Parfois aussi un retour du fabricant sur des choix précis. Comprimer ce délai ne fait pas disparaître le travail, il le déplace en aval, sous forme de reprises. L’écart entre le délai espéré et le temps réel qu’exige une traduction contrôlée reste une source de tension majeure. C’est l’une des plus fréquentes sur ce type de projet.

Une pratique simple limite ce risque. Prévoir la traduction comme une ligne du planning de certification, avec sa propre marge, plutôt que comme une variable d’ajustement de dernière minute. Les fabricants qui intègrent la traduction tôt dans leur rétroplanning absorbent bien mieux les aléas. Notamment quand l’organisme notifié demande un complément documentaire à traduire dans l’urgence.

Comment évaluer un prestataire de traduction pour un dossier MDR

Quatre questions à poser avant de signer

La réponse compte moins que la capacité à la documenter

Le processus est-il tracé ?

Qui traduit, qui révise, selon quel référentiel. La preuve du processus est ce que réclame l’organisme notifié.

La révision est-elle séparée ?

Un second linguiste distinct du traducteur, comme l’exige l’ISO 17100. Pas une simple relecture du même intervenant.

La terminologie est-elle gérée ?

Glossaire et mémoire de traduction réutilisables. C’est ce qui tient la cohérence entre versions et mises à jour.

Le domaine est-il maîtrisé ?

Des traducteurs et réviseurs familiers du MDR et des normes harmonisées, pas des généralistes.

Un bon prestataire répond par des preuves. Certificats, exemples de registres qualité, méthode terminologique. Une réponse vague sur le processus est un signal d’alerte.

Choisir un prestataire pour ce type de dossier ne se joue pas sur une plaquette commerciale. Cela se joue sur des preuves vérifiables. Quelques questions simples permettent de séparer un partenaire fiable d’un fournisseur qui expose le fabricant à un rejet documentaire.

La première porte sur la traçabilité. Demandez comment le processus est documenté. Un prestataire sérieux sait dire qui traduit, qui révise, et selon quel référentiel. S’il ne peut fournir que le fichier final, sans registre du processus, le risque en audit reste entier.

La deuxième concerne la révision. Vérifiez qu’un second linguiste, distinct du traducteur, intervient bien sur chaque projet. C’est le cœur de l’ISO 17100. Une simple relecture par la même personne ne remplace pas cette séparation des rôles, qui est précisément ce que le contrôle qualité recherche.

La troisième touche à la gestion terminologique. Un partenaire qui travaille avec glossaire et mémoire de traduction protège la cohérence de votre dossier dans le temps. Sans ces outils, chaque mise à jour rouvre le risque d’incohérence entre langues. Posez la question directement, la réponse est révélatrice.

La quatrième vise la maîtrise du domaine. Un traducteur généraliste, même compétent, n’a pas les réflexes d’un spécialiste du MDR. Demandez si les intervenants connaissent le règlement et les normes harmonisées applicables. Sur une notice de dispositif médical, cette familiarité fait la différence entre un texte conforme et un texte à reprendre.

Une traduction certifiée conforme à évaluer ? Comprendre les différences entre TA et TAO aide à cadrer vos attentes de qualité.

Sécuriser vos traductions médicales avant l’échéance

Avant que le calendrier ne se resserre

La traduction est devenue un maillon de la conformité, pas une formalité de fin de projet.

Documents identifiés, langues fonction des marchés, traçabilité du processus aussi importante que le texte final. Une traduction automatique brute ne tient pas dans ce cadre. Un processus documenté, révisé et certifié, oui. Le tout se pilote, à condition d’anticiper.

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Le règlement 2017/745 a fait de la traduction un maillon de la conformité, pas une formalité de fin de projet. Les documents à traduire sont identifiés, les langues dépendent des marchés visés, et la traçabilité du processus compte autant que le texte final. Une traduction automatique brute ne tient pas dans ce cadre. Un processus documenté, révisé et certifié, oui.

La bonne nouvelle, c’est que ces exigences se pilotent. Un recensement documentaire propre, une terminologie centralisée et un prestataire qui maîtrise le référentiel MDR transforment un risque réglementaire en dossier maîtrisé. Le tout est d’anticiper, avant que le calendrier ne se resserre.

Vos questions fréquentes sur le règlement 2017/745 et la traduction médicale

Quels documents le MDR impose-t-il de traduire ?

Le MDR impose au minimum la traduction de trois pièces. La notice d’utilisation, l’étiquetage et le résumé des caractéristiques de sécurité et de performance clinique. Cela vaut dans les langues des États membres où le dispositif est commercialisé. La déclaration de conformité et la carte d’implant suivent des règles propres. D’autres pièces du dossier technique, comme le rapport d’évaluation clinique, peuvent être exigées en langue nationale par une autorité compétente selon le pays.

La traduction doit-elle obligatoirement être en français en France ?

Pour tout ce qui est destiné au patient ou à l’utilisateur final, oui. Le code de la santé publique impose le français pour l’étiquetage et les notices d’utilisation des dispositifs commercialisés en France. Cette règle vaut que le dispositif soit fabriqué en France ou importé. Certains documents strictement destinés à des professionnels ou aux autorités peuvent relever de règles différentes, mais la documentation patient reste en français.

Peut-on utiliser la traduction automatique pour un dispositif médical ?

Pas en version brute. Une traduction automatique non révisée n’est pas adaptée à la documentation réglementaire, car ses erreurs terminologiques peuvent créer une non-conformité. La norme ISO 18587 encadre toutefois la post-édition de traduction automatique par des experts humains. Appliqué et documenté correctement, ce processus peut être utilisé dans certains contextes réglementaires, à condition de conserver la traçabilité des interventions humaines.

La certification ISO 17100 suffit-elle pour être conforme au MDR ?

Non, aucune norme ne remplace le règlement. Le MDR ne cite d’ailleurs pas explicitement l’ISO 17100. Mais les organismes notifiés évaluent le processus de traduction, et cette certification démontre que le processus respecte des exigences de qualification et de révision. Elle réduit donc le risque de rejet documentaire en audit. C’est un facteur de fiabilité qui vient s’ajouter au respect du règlement, pas s’y substituer.

Combien de langues faut-il prévoir pour une distribution européenne ?

Cela dépend des marchés visés. L’Union compte vingt-quatre langues officielles pour trente États du marché unique. Un projet de distribution paneuropéenne implique fréquemment entre dix et vingt-cinq langues cibles, en fonction des pays où le dispositif est effectivement commercialisé. La règle de base reste la même. Les informations destinées au patient doivent être disponibles dans la ou les langues officielles de chaque pays concerné.

Quand faut-il lancer la traduction dans le calendrier de certification ?

Le plus tôt possible une fois la documentation source stabilisée. Les échéances de transition sont fixées à fin 2027 et fin 2028 selon la classe de dispositif. La demande se concentre donc, et les délais se tendent. Anticiper la traduction, plutôt que la traiter en dernière étape, permet d’absorber les cycles de révision sans comprimer la qualité au moment le plus critique. C’est une variable du calendrier, pas un ajustement final.

Alan Chevereau, consultant SEO

Spécialisé dans l’acquisition organique des sites de services B2B, j’accompagne les agences de traduction sur leur visibilité métier. Cet article s’appuie sur les textes réglementaires en vigueur et sur les pratiques observées auprès de fabricants soumis au règlement 2017/745. Il informe et ne se substitue pas à un conseil réglementaire personnalisé.

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